LES ARCEAUX

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Cette danse, comme un certains nombre d’autres danses corporatives, fut, et ce bien avant le Moyen Age, une danse rituelle qui donnait un pouvoir magique à un attribut (ici l’arceau). Durant l’antiquité et la préhistoire, l’homme, ne pouvant expliquer les différentes manifestations célestes comme le soleil et la lune qui se succèdent dans le ciel, mais aussi les phénomènes météorologiques, imagina que le ciel était le siège d’un pouvoir surnaturel. Il créa l’arceau à l’image qu’il se faisait de la voûte céleste et créa des rituels visant avec cette arme d’invocation à agir sur cette puissance afin d’accroître la fertilité et la fécondité. Le pouvoir de l’arceau est renforcé par la forme prise par les arcs-en-ciel après les pluies fertilisatrices, qui représentaient pour ces hommes un pont direct entre le ciel et la terre qu’empruntaient les forces cosmiques pour descendre sur la terre. Les hommes matérialisèrent ensuite sur l’arceau l’objet de leur préoccupation : l’obtention d’une bonne récolte. Dans le Languedoc, région vinicole par excellence, les arceaux furent ainsi garnis de feuilles de vignes et de grappes de raisins. Dans cette danse, dédiée alors à Bacchus le dieu du vin et de l’ivresse, l’ensemble des danseurs porte un arceau. Les danseurs avancent avec un mouvement gracieux du tronc qui se tourne un peu du côté du pied avant, ce qui donne un joli mouvement aux arceaux. Dans toutes les régions, les figures sont semblables : les danseurs forment sur le sol différentes évolutions imitant les mouvements d’un serpent : s’avançant en ligne parallèles pour ensuite s’entrecroiser pour finir par former un cercle, de manière à écarter les mauvais génies. Le serpent était à cette époque un génie protecteur des récoltes, ainsi qu’un symbole lunaire, ce qui en faisait un appel à la pluie. Les danseurs font le pas national du pays d’Oc qui semble imiter les mouvements des anciens fouleurs de raisin (simple cloche-pied). Chez nous, les raisins ont été remplacés par des fleurs.